We are the world

Vous allez encore me dire que je ne parle que de racisme … Non c’est le racisme qui parle de nous, nuance.

Ici, c’est le racisme ordinaire, le plus débile, banal, mais pas moins violent.

Je vous ai déjà parlé des blagues sur les esclaves faites par les blancos, les white ici ? C’était un amuse gueule.

Ici, ils ADORENT les accents.

Donc un SAV fournisseur qui a son centre d’appels en Afrique (ou supposément), c’est DISNEYLAND du racisme pour eux.

« – Hey, machin, ya Fatou qui t’a appelé.
– Hein ?
– Le SAV a appelé, c’était une africaine avec un accent je crois.
-Ah d’accow. Tchip. *Insérez toute tentative d’accent africain à la Michel Leeb ici*
– Hahaha panipwoblem Mawie Thewese *Insérez toute tentative d’accent Antillais façon Les Inconnus ici parce que visiblement Africain et Antillais, c’est pareil c’est des NOIRS*
– Ah oui et le rendez vous ça sera entre 16h et 16h30 hein ? ça bosse pas beaucoup !
– RIRES *pendant 30 min*
– ACCENTS »

RIDEAU

giphy (4)

 

Autre exemple :

« -T’as mangé où alors ?
– Je suis allée au Japonais.
– Ah oui celui en face là *Insérez toute tentative d’accent Chinois parce que Japonais, Chinois ou Vietnamien finalement c’est pareil c’est des ASIATIQUES*
– Euh oui mais sans accent foireux en fait.
-Ah bon ? Ah oui tu es allée à celui qui n’est pas tenu que par des bridés ?
– PARDON ?
-Ben oui, celui ou ya des français qui te servent ? C’est marrant d’ailleurs hein un resto jap sans bridés. A part en cuisine hein ..
– Je ..
-T’es allée avec Bruce Lee ?
– QUOI ??
– Ben ? C’est comme ça que Machin a appelé Truc à son arrivée, alors c’est resté. Ben en même temps, il est comme ça hein. *tentative de mime des yeux bridés*

DÉCÈS DE LA DÉCENCE

giphy (5)

 

Vous en voulez encore, je le sens…

« – Tu peux passer voir Ouassila au 2e, elle a un souci avec son pc ?
– Oui si poussible.
-Sérieux ?
– Oui si poussible avec hassanCF
-Mec ta vanne en plus d’être naze, elle est rincée depuis 15 ans. Bon tu passes la voir là ?
– Inchallah
– …
-Quoi c’est pas ça ? Ramdoulaye alors ?
– Ferme la
– Ouais c’est pareil toutes ces conneries

Il y a eu une tentative de meurtre à ce moment, que je dois censurer.

giphy (6)

 

A quel moment, travailler devient un danger pour sa santé mentale, sa paix intérieure ? Parce que là tout de suite, après une énième tentative d’accent étranger par ma chef je pense à ça :

giphy (7)

Du 1er étage, pas sûre que ça fasse effet. Ou alors je peux les jeter tous par la fenêtre plutôt nan ?

 

 

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7 réflexions sur “We are the world

  1. C’est triste. Ça me fait penser à la pub de TF1 comme quoi les français ne sont pas racistes…. Ce sont les les envahisseurs étrangers qui manquent d’humour. ..
    Bien entendu tout le monde n’est pas comme ça mais c’est hypertexte présent et épuisant.
    J’ai déjà quitté un emploi pour préserver ma santé mentale. Ce n’est pas évident. Personne ne comprend pourquoi tu te tires de d’une très très grande entreprise au lieu de serrer les fesses.
    Je crois qu’aujourd’hui je manifestera os mon mécontentement rapidement et clairement à chaque fois que j’entends des conneries sur les yeux bridés etc. Je l’ai fait quelques fois, on m’a traitée de petite black bouge coincée rabat-joie sans humour qui ne devrait pas oublier qu’elle est juste en intérim mais au moins je me suis sentie mieux et ça a permis à deux personnes de commencer à dire stop au n’importe quoi.
    J’ai également refusé d’aller parler parlera une femme de ménage sous prétexte que c’était ma cousine puisqu’elle était noire et me saluait moi.
    En fait elle me saluait parce que j’étais polie, je la saluait aussi, contrairement aux autres et non je ne suis pas cousine germaine avec tous les noirs du monde.
    J’ai également refusé qu’on de répondre à chaque fois qu’une personne noire du support informatique venait. Les « ton cousin est là, tiens demande à n voisin de passer voir voir mon PC après », restaient lettre morte.

    Épuisant!

  2. Moi j’adooooooore les accents! Tous. Avec une petite préférence pour les plus prononcés parce qu’ils me font voyager. Est-ce que ça me viendrait à l’idée d’essayer d’imiter mon interlocuteur/trice? Non, sauf Soumia, ma collègue, quand elle insiste elle-même volontairement sur les [añ] pour accentuer (c’est le cas de le dire) son accent vaudois et seulement parce qu’on en rit ensemble, entre nous deux, et qu’elle sait qu’au même titre que je n’accepte pas les remarques pleines de préjugés sur le physique de quelqu’un (« oh alors lui, avec ses lunettes et ses longs cheveux gras, c’est l’image même du geek de service! ». Mes cheveux sont propres et ont l’air plus gras que les siens et perso, il me fait plus penser à un metalleux, mais tu dois avoir raison: il bosse à l’IT donc c’est forcément un geek, autiste, qui ne se lave pas et passe des heures devant des jeux videos… *insérer l’envie de gerber devant l’absence de jugeotte de certains*), j’accepte entièrement (et je réclame, même) qu’on me remette à ma place quand mes racines colonialistes reprennent le dessus et que je sors des bêtises déplacées. Chaque jour, je me rends un peu plus compte de mon « white privilege »: avec ma bonne bouille aux cheveux blonds et aux yeux clairs, je passe la douane sans soucis, on ne traîne pas des pieds pour me vendre une voiture, etc.
    Je suis touchée indirectement car mariée à un antillais et maman de fils dont un m’a un jour crié à la face, lorsqu’il avait 4 ans « de toutes façons, toi, tu me parles pas, t’es pas de ma couleur! »; une blessure toujours ouverte de mon côté: il n’a certainement pas entendu ça à la maison, donc il a dû l’entendre à l’école. Mon bébé a été victime de racisme à 4 ans (bon, il en a 16 maintenant et ça ne l’a visiblement pas traumatisé, mais mince quoi!
    Mais comme toi, je finis par laisser « pisser »: comme pour le harcèlement de rue, le sexisme, je ne lutte plus autant contre les préjugés car j’ai l’impression de parler à des murs (« oh, mais tu t’énerves pour rien, c’est juste pour rire, c’est pas grave »). Quand la coupe est pleine, je prends mon courage à deux mains et je remets les personnes à leur place, mais j’ai tendance à fermer les yeux plus souvent qu’avant :/

    • c’est difficile de toujours être celle/celui qui reprend les gens sur leurs propos. Parfois, on a juste envie de laisser couler et de laisser ces gens dans leur betise. Mais il faut continuer à le dénoncer. Je crois…

  3. Anecdote : il y a quelques années une asso dans laquelle je bossais hébergeait un groupe de bénévoles retraités qui faisaient des ateliers pourris (en fait c’était la planque pour se mettre des « mines » au bistro d’en bas et revenir cuver dans nos bureaux). Une bande de clichés sur pattes : vieux, moches et cons, ça fait beaucoup. Bref, après avoir supporté à de nombreuses reprises les poncifs du genre « je te rouvrirai les mines de sel moi, ça leur ferait passer l’envie de déconner aux jeunes »… un jour on travaille sur un sujet sur lequel un de mes collègues était expert et je propose donc qu’il nous aide sur cette tâche. Il se trouve que ce collègue était originaire du Laos, et là réponse directe « ha ben carrément, on le paiera en sacs de riz ça nous coûtera pas cher ! » suivi de rires gras de l’ensemble du groupe… j’ai cru que la réalité avait foutu le camp, que le connard qui avait dit ça n’avait plus de monologue intérieur à force d’avoir du jus de raisin fermenté en lieu et place du sang qui était sensé coulé dans ses veines… (hypothèse à ne pas écarter quand même), mais je lui ai demandé « vous n’avez pas vraiment dit ça ? » et si, et ça n’avait pas l’air de le gêner plus que ça en fin de compte… Bref, je leur ai juste dit « c’est la dernière fois que vous tenez ce genre de propos devant moi et dans ses locaux », réponse de l’intéressé « sinon ? » « sinon je vous fais ravaler vos insultes racistes par tous les orifices, à commencer par les plus étroits… », le gars se lève en me menaçant mais je lui ai clairement fait comprendre que je me battais pas avec des infirmes (un papy de 1m60, 50 kg et une canne ^^)… et je suis parti, par contre je suis revenu deux semaines plus tard avec une bonne nouvelle : leur service allait fermer à la fin du mois, il faudrait se trouver un autre lieu pour cuver leur bibine. Je n’ai jamais parlé de cet incident à mon collègue, de toute façon il avait un QI bien trop élevé pour comprendre ce genre réflexions…
    En bref, j’aime beaucoup les personnes âgées (je bosse dans le secteur géronto entre autres depuis quelques années) mais là la seule réflexion qui m’est venue finalement c’est une vieille phase de Faf Larage dans son mythique morceau « Le fainéant » : « Moi les viocs, je m’en moque ils finiront bien par crever… à ce propos ‘faut que je pense à mettre une bouteille au frais ! ». Ce qui m’inquiète dans ton histoire Nad, c’est que la bande d’animaux qui te sert de collègues à l’âge d’être en activité… Force et courage ma soeur (et reconversion pro peut-être ? 😉 )

    • venant de personnes plus agées, j’ai tendance à laisser couler.. là ce sont de gens de mon âge, voire plus jeune. Et c’est NORMAL pour eux. ils ne font/disent rien de mal selon leurs critères.. J’ai plus envie / a force de les éduquer…
      Oui je pense que là il est temps de changer de voie !
      Merci 😉

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